La guignolée à l’année longue ? Ou Docteurs, l’austérité ça se soigne!!!

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La Guignolée à l’année longue?

Depuis les dernières élections provinciales du 7 avril 2014, si vous n’avez pas entendu parler dans l’actualité québécoise, des expressions de coupures budgétaires, de mesures d’austérité, d’équilibre budgétaire, de déficit zéro, de redressement financier, c’est que vous viviez probablement sur une autre planète.

Autrefois, le 31 décembre au soir, à la veille du Nouvel An, s’organisait dans les campagnes, la guignolée : une fête de partage et de solidarité. Aujourd’hui, durant tout le mois de décembre, un appel vibrant et largement médiatisé est lancé pour faire face « au nouveau visage de la pauvreté ».

En effet, nous avons inclus au profil des personnes dites, « les plus démunies », celui des travailleur-euses dont le salaire minimum ne suffit plus à rencontrer toutes les dépenses de base. Que deviendront-ils alors sous les compressions budgétaires touchant tous les services publics et les programmes sociaux? Devrons-nous alors organiser à l’année longue, des guignolées pour remédier aux dommages permanents, voire à l’augmentation des inégalités sociales ? « Comme aux environs de Noël, où l’argent des puissants suffit toujours à border bien au chaud leur bonne     conscience afin qu’elle ne prenne pas froid. N’y a-t-il rien de mieux à espérer que pareille charité pour contrer les inégalités? »(1) Est-ce un retour assuré en arrière dans le temps? Avancez en arrière…

D’autant que ces mesures d’austérité ne sont pas l’expression de « rigueur budgétaire » comme on tente de nous le faire croire depuis 30 ans, mais répondent à un désir de transformation profonde de l’État québécois en réduisant sa taille, en transformant son mode d’intervention entre autres, comme le relatait Éric Pineault à des groupes communautaires de l’Estrie.(3) Et cela se traduira de plus en plus par la privatisation des services pu- blics déjà amorcée, et par une atteinte sans contredit aux droits humains définis dans la Charte des droits et libertés du Québec.

Docteurs(4), l’austérité ça se soigne!!!

Non, il n’y a pas que la guignolée pour exprimer notre solidarité. D’autres mesures peuvent y contribuer. Des mesures fiscales, que Madame Chantal Santerre(2) a tenté de nous expliquer, à l’invitation de la Maison d’Aurore, le 27 octobre dernier, pour contrer un sentiment d’impuissance envahissant, créé par cette avalanche de mesures d’austérité imposées sans dialogue social.

Rappelons que les mesures fiscales constituent une source de financement pour les services publics. Elles favorisent le développement économique, la création d’emplois et améliorent l’équité et la répartition de la richesse entre tous et toutes. Bref, elles permettent d’aller chercher l’argent là où il est. Or, la volonté politique du présent gouvernement n’est pas au rendez-vous.

Parmi ces mesures nous retrouvons entre autres:

  • La création de 10 paliers d’imposition progressive pour les particuliers qui tient compte des revenus de chacun, du plus pauvre au plus riche.
  • L’abolition des crédits d’impôts sur les gains en capital des individus, i.e. sur le profit réalisé à la vente d’une action, d’une obligation, d’un terrain et/ou d’un immeuble; actuellement 50% de ce revenu n’est pas imposable, alors que celui du revenu provenant d’un emploi l’est à 100%.
  • L’augmentation du taux provincial d’imposition des entreprises à 15% en excluant les PME; car on constate que ce taux d’imposition a largement diminué en 15 ans.
  • Le rétablissement de la taxe sur le capital des institutions financières (banques) qui a été enlevée sous Jean Charest. Elles battent des records de profits. Indécent !
  • L’adoption de mesures de contrôle des prix des médicaments en instaurant un régime entièrement public d’assu- rance-médicaments.
  • La lutte à l’évasion fiscale (contournement des contraintes imposées par l’État aux individus ou aux entreprises, afin de réduire ou d’éviter de payer de l’impôt). Mais le Canada choisit de ne pas s’y attaquer.

Toutes ces mesures fiscales et bien d’autres encore, représentent des solutions qui éviteraient celles de l’austérité. Il est clair que le gouvernement Couillard a choisi son camp. Et nous, lequel choisirons-nous? Quel genre de société voulons-nous pour nous et nos enfants? Il n’en dépend qu’à nous. La résistance ou le laisser-faire?

(1) NADEAU, J-F. Les radicaux libres. Le Devoir. 8 décembre 2014.

(2) Chantal Santerre, comptable de formation, enseigne en Techniques administratives, membre du Comité Solutions de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics et membre du CA d’ATTAC-QUÉBEC.

(3) L’austérité expliquée par Éric Pineault : https://www.youtube.com/watch?v=Zzh7fE_vjgw

(4) Ici « docteurs » au pluriel se réfèrent à Messieurs Bolduc, Barrette et Couillard

Pour en savoir plus :

Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics : Campagne 10 Milliards de solutions : http://nonauxhausses.org/outils/alternatives-fiscales-justes-et-equitables-pour-les-finances-publiques/

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