Sortir de la logique de la guignolée

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En octobre dernier, la Maison d’Aurore faisait son entrée sur le conseil d’administration du Regroupement intersectoriel des organismes communautaires montréalais (RIOCM), une table régionale regroupant des organismes en santé et services sociaux.  Le RIOCM a pour mission de défendre et de promouvoir les intérêts communs de ses membres, dont l’autonomie des groupes et leur financement  octroyé par le Ministère de la santé et des services sociaux. 

Si la Maison d’Aurore réussit  à tirer son épingle du jeu dans le grand manège des financements publics et privés, il n’en va pas de même pour tous les groupes communautaires qui évoluent dans le contexte d’austérité et de restructuration du réseau de la santé.  Nous avons donc fait le choix d’investir temps et énergie dans ce regroupement, histoire d’être aux premières loges dans la compréhension des changements qui ont cours et des impacts que ceux-ci provoquent sur les groupes communautaires et les populations qu’ils desservent.  Nous avons souhaité nous mobiliser pour faire entendre les revendications principales de ce monde communautaire qui constitue souvent l’un des premiers filets de protection, d’aide et de liaison dans la société québécoise.

Aujourd’hui, en 2016, les organismes de défense des droits collectifs (par exemple, des comités logement, des organismes de défense des assistés sociaux ou en santé mentale, des regroupements de proches aidant, etc.) reçoivent en subvention le même montant du gouvernement que ce qu’ils recevaient en 2001. En quinze ans, ces organismes n’ont donc eu droit ni à un rehaussement de leur financement de base, ni même à une indexation tenant compte de la hausse du coût de la vie, alors que l’inflation a été de 27% au cours de cette même période. Comment, dans ces conditions, continuer à effectuer son travail, à opérer un bureau, à payer adéquatement et à garder ses travailleurs, sans passer un temps fou à chercher des alternatives et quémander auprès de la population pour compenser les manques à gagner ? 

Si le gouvernement reconnaît le travail essentiel de soutien et de prévention effectué par les organismes communautaires autonomes, il comprend mal l’importance de leur donner de l’oxygène et un financement à la hauteur de leur travail et de leur pertinence.  Voilà pourquoi, le 9 novembre dernier, une douzaine d’employés et de membres de la Maison d’Aurore ont donc répondu à l’appel du Front régional d’action communautaire autonome de Montréal (FRACA) en participant à une grève du communautaire et en brandissant leurs pancartes au centre-ville de Montréal. 

En ces temps de guignolées où l’on sollicite la solidarité et la générosité de monsieur et madame tout-le-monde pour pallier le désengagement de l’État, il nous semblerait plus judicieux d’utiliser les surplus engendrés par la « rigueur » budgétaire du gouvernement pour assurer aux organismes communautaires autonomes les moyens d’exister. La prochaine action du FRACA aura lieu le 7 février. Gageons que nous serons de la partie pour nous faire entendre. Et vous ?

 

Annie Pelletier, coordonnatrice générale 

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