Compte-rendu de l’événement sur le vivre-ensemble

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Par Youssef Benzouine, stagiaire en communication

Après les attentats de Québec, le besoin s’est fait ressentir de créer des ponts entre les communautés. À cette fin, il est usuel de proposer des initiatives vantant les mérites du vivre-ensemble, mais ne cherchant pas à traiter les causes profondes du malaise. De notre côté, nous voulions sortir des sentiers battus en offrant un événement proposant une réelle réflexion sur le rapport avec la diversité culturelle. Cela prit la forme d’un atelier-discussion sur le vivre-ensemble qui a eu lieu le 14 juin et a rassemblé plus d’une dizaine de personnes (dont 4 issues des minorités culturelles).

 

Nous souhaitions encourager les minorités culturelles à s’exprimer et à parler de leur vécu. Le principal objectif n’était autre que d’offrir une tribune exempte de toute violence et axée sur le vécu. Il ne s’agissait pas seulement de parler de discrimination pour révéler la négativité ambiante, mais aussi de créer une dynamique positive de reconnaissance et d’acceptation.

 

C’est dans cet esprit de partage des vécus que s’est structuré notre atelier-discussion. En effet, nous avons opté pour une formule souhaitant créer un climat de confiance. Un sujet aussi sensible et touchant est difficile à aborder. Pour ce faire, nous avons débuté par une activité brise-glace ludique ! Objectif atteint : rires et réflexions fusèrent de toutes parts. Par la suite, nous rentrions dans le vif du sujet. Dans la salle étaient disposés deux cercles : un cercle extérieur avec un cercle intérieur. Les personnes se trouvant dans le cercle intérieur devaient répondre à des questions, commentaires ou réflexions couchées par écrit par les personnes se trouvant dans le cercle extérieur. Les personnes se trouvant à l’extérieur étaient silencieuses, écoutant celles se trouvant à l’intérieur. Cette configuration voulait donner la pleine parole aux personnes, indépendamment de leurs origines, culture ou croyance. De fait, nous cherchions à éviter toute forme de discrimination en mettant l’ensemble des personnes présentes sur un même pied d’égalité.

 

De cet atelier sortirent plusieurs thématiques très diverses. Nous avons parlé des femmes voilées, de la question de la « francisation » des noms étrangers, ou encore de la place de nos origines au quotidien. Effectivement, les participants laissèrent libre cours à leur ressenti profond sur ces questions : une forme d’apaisement mêlée à un sentiment de pleine liberté se faisait sentir. Ressortit aussi l’impression que la tribune offerte faisait aussi office d’espace de rapprochement : au-delà des différences et des interrogations, un même désir de recherche de ponts communs transparaissait. Même, la formule était si satisfaisante qu’il fut demandé de renouveler celle-ci avec un plus grand public !

 

Cette initiative traduit bien la volonté et l’envie de la Maison d’Aurore d’être un espace ouvert à toutes et tous. C’est avec ce genre de projet que nous pouvons atteindre les différentes communautés, évitant qu’elles tombent dans le renfermement sur soi – renfermement qui ne peut que nourrir les stéréotypes et la haine. C’est par le biais de ce médium formidable qu’est le dialogue interculturel que peut apparaître notre humanité respective.

 

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