Le milieu communautaire réclame sa « juste part »

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Le 12 novembre, le RIOCM lançait sa campagne de revendications pour le rehaussement du financement global des organismes communautaires, en organisant une soupe populaire face au bureau de l’Agence régionale de Santé et Services Sociaux. Crédit photo: RIOCM

En 2001, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité une Politique sur l’action communautaire stipulant l’importance d’accroître l’autonomie et le financement global des

organismes communautaires. C’était là une reconnaissance du rôle de premier plan des organismes, notamment ceux en santé et services sociaux, et de leurs contributions sur le développement social et économique au Québec, en plus de promouvoir l’exercice de la citoyenneté et de la solidarité.

Onze ans plus tard, il semble que cette notion de « reconnaissance » fasse toujours figure de vœu  pieux, car rien dans le premier budget du gouvernement péquiste n’a été prévu pour rehausser le soutien à la mission des groupes communautaires, malgré un cri d’alarme clair sur leurs besoins et ceux de la population qu’ils desservent.

Le Regroupement Intersectoriel des Organismes Communautaires (RIOCM), dont la Maison d’Aurore est membre,  estime qu’il manque annuellement 225 millions$ dans le programme de soutien du milieu communautaire, programme relevant du Ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS).  Il suggère donc que les sommes consacrées aux organismes communautaires passent de 1,4% à un peu plus de 2% du budget totale de la santé.

Surtout, le RIOCM plaide pour un véritable programme national de soutien à la mission, sans lequel les organismes sont voués à une fragilité constante : difficultés de gestion, conditions de travail ne permettant pas de retenir les travailleurs, condamnation à consacrer un temps astronomique à la recherche de financement alternatif au détriment de l’action communautaire et de la défense des droits.

De plus, les organismes ne sont pas financés au même titre que l’ensemble des programmes sociaux : leur financement provient des décisions des Agences régionales en santé et services sociaux et non du ministère des Finances. Cela a un effet d’incertitude sur les groupes, car ils ne peuvent pas prévoir quelles sommes leur seront octroyées.  Il faudrait donc que ces subventions soient incluses à même le budget du Québec, pour pouvoir être discutées sur la place publique.

Il faut dire aussi que depuis la dernière décennie, on note des changements importants dans le milieu communautaire, dont le travail devient calqué sur le privé, un phénomène visible ne serait-ce que par la transformation du langage. Ainsi, « l’usager » devient un « client », il faut « atteindre des résultats », exercer rigoureusement les « redditions de compte », etc.

Dans ce contexte, la lutte pour le rehaussement du financement en est aussi une pour l’autonomie des organismes, pour leurs propres systèmes de gouvernance et pour la reconnaissance de leurs apports au bien-être des citoyennes et citoyens.  Souhaitons que le nouveau Ministre de la Santé, le Dr. Réjean Hébert, abonde dans ce sens le 30 janvier prochain, alors qu’il s’assiéra avec le RIOCM et les autres Tables régionales d’organismes communautaires.

En attendant, espérons que la population se mobilise aux côtés du mouvement communautaire.  Une pétition nationale circule d’ailleurs en ce moment, vous pouvez la signer à La Maison d’Aurore.  Vous êtes également invités à vous joindre à nous lors d’une manifestation prévue le 23 janvier dans le cadre de la campagne du RIOCM « Montréal Mouvement Mobilisé ».

Un texte d’Annie Pelletier, organisatrice communautaire

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