Depuis plusieurs années, les organismes communautaires québécois font face à un sous-financement chronique, un manque de ressources, de reconnaissance et de respect des gouvernements en place. En résulte un renouvellement constant des équipes qui pèse lourd sur les organisations.
« Dans toutes les régions du Québec, les intervenantes et les intervenants de première ligne répondent à l’itinérance, à l’insécurité alimentaire, à l’aggravation de la pauvreté, aux problèmes complexes de santé mentale et de dépendance, aux traumatismes et aux défaillances chroniques des systèmes. Le niveau de complexité a changé. Les enjeux ont changé. Pourtant, la façon dont nous finançons, gouvernons et dirigeons ce secteur est demeurée essentiellement la même. » a confié Sam Watts, PDG de la Mission Bon Accueil à la Presse.
Pourtant, comme le mentionne le porte-parole du mouvement Communautaire à boutte Mathieu Gélinas, chaque dollars investi dans le communautaire rapporterait 12$ en gains pour la société.
Un récent article de Est média Montréal met en lumière une réalité dénoncée par les différents regroupements depuis longtemps :
- Le financement à la mission n’est pas suffisant pour garantir des conditions de travail décentes.
- Des indexations minimales (souvent autour de 2 %) qui ne suivent ni l’inflation ni la hausse du coût de la vie.
- Des écarts salariaux de 25 % à 40 % avec le secteur public pour des postes comparables.
Pendant des années, on a normalisé l’idée que travailler dans le communautaire, c’était accepter de gagner moins “par passion”. Pourtant, nos compétences doivent être reconnues et rémunérées à leur juste valeur. Le problème n’est pas seulement individuel : il est structurel. Le sous-financement chronique fragilise les équipes, crée des trous de service et met en péril tout le filet social.
En ce moment, le gouvernement caquiste prépare un budget qui risque d’accentuer les compressions, d’affaiblir encore notre filet social, et de transférer toujours plus au privé. Comme si couper dans les services publics allait régler la crise actuelle. Comme si appauvrir la population pouvait être une solution.
Quand le communautaire s’essouffle, c’est tout le Québec qui perd. On mérite mieux et la population aussi!